Chapitre 2 : Une première journée d’étude
Date de publication : 01/02/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 10/12/2008 à 09:19
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 10/12/2008 à 11:17
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Le 25 octobre 2005, sous l’intitulé « Éducateur spécialisé : entre métier et
formation », Form’Educ invite tant d’autres formateurs de plein exercice
ou de la promotion sociale, que les étudiants de ces écoles, ou les
professionnels concerné par l’éducation spécialisée. Le souhait premier consiste
à creuser la question récurrente pour eux : « nos écoles préparent-elles bien au métier qui attend
les étudiants-éducateurs ? ».
Haute école Lucia de Brouckère (réseau provincial – Jodoigne) ; Haute école de Bruxelles (réseau de la Communauté française – Bruxelles) ; Haute école ISELL CFEL, département socioéducatif (réseau libre – Liège) ; Haute école Charlemagne (réseau de la Communauté française – Liège) ; Haute école de la Communauté française du Luxembourg « Schuman », institut d’enseignement supérieur pédagogique (réseau de la Communauté française – Virton) ; Haute école provinciale de Charleroi, université du travail, département pédagogique (réseau provincial – Marcinelle) ; Haute école catholique Charleroi Europe, catégorie pédagogique (réseau libre – Gosselies) ; Haute école de la Communauté française du Hainaut (réseau de la Communauté française – Mons) ; Haute école de la Communauté française du Hainaut (réseau de la Communauté française – Tournai) ; Haute école de la Province de Liège Léon-Eli Troclet (réseau provincial – Jemeppe)
Un espace
entre métier
et
formation
C’est l’écart entre formation et pratique professionnelle, que les
organisateurs décident de mettre en débat. De manière résolument positive, ils
sont convaincus que les tensions peuvent être fructueuses, ils veulent
contribuer à construire un espace entre métier et formation, favoriser un
échange entre professionnels, formateurs et étudiants. Et de préciser l’esprit
de la journée auquel ils aspirent : « Plutôt
que de dénoncer cet hiatus existant entre formation et pratique professionnelle,
il nous semble devoir le reconnaître comme une réalité présente dans tout
secteur professionnel. Nous souhaitons dès lors saisir cet écart non plus
comme un mal inévitable mais bien plus comme un fait nécessaire voire une
ressource indispensable... en particulier pour le métier d’éducateur. »
Cette question de l’écart ouvre immanquablement sur celle de la définition du « noyau dur » du métier
d’éducateur, et donc des formations qui y préparent. « Ce métier ne
se réduit pas à une série d’actes techniques aisément descriptibles mais a
toujours l’humain comme préoccupation essentielle, l’ouverture à autrui comme
valeur prioritaire et, très concrètement, un travail relationnel dans un
quotidien partagé comme champ privilégié. Bref, parler de ce métier amène à
parler de tout l’homme en société en même temps que de rendre compte du
caractère singulier de chaque rencontre ».
Les organisateurs
inscrivent d’ailleurs leur démarche dans des perspectives larges. Ils appellent
de leur vœu « un désir politique de
reconstruire une société ‘éduquante’, c’est-à-dire une société où la
transmission et la solidarité feraient partie du souci de la collectivité et
auraient leur place dans le rapport que nous avons aux autres (...)
».
Tout un programme
La journée du 25 octobre 2005 se découpe en un schéma deux temps.
Premier temps, une séance plénière où se succéderont les
interventions du philosophe et formateur pour adultes, Jean Blairon ; du
psychologue et psychopédagogue, formateur d’éducateurs, Jean Brichaux ; puis du
docteur en sciences de l’éducation et éducateur spécialisé, Philippe Gaberan. Le
choix des intervenants résulte du souhait d’entamer le questionnement avec le
tenant d’un point de vue critique assez « général » qui inscrit la problématique
de la formation dans une interrogation sociologique et idéologique, puis de
poursuivre par la réflexion d’un formateur qui tâche de préciser à quoi peut
tenir l’art de la formation dans et par l’écart pour terminer par l’approche
d’un « éducateur-formateur » qui creuse l’interrogation à partir de la relation
humaine concrète qui supporte chaque intervention éducative.
Il y eut des temps de débats, souvent trop courts mais toujours très vivants où l’on pouvait prendre le pouls de l’auditoire. Il y eut, entre autres, cet incident mémorable où un participant a parlé plusieurs fois dans son intervention des ‘clients’ de nos services sociaux à la manière anglo-saxonne, là où dans notre culture latine nous parlons plutôt d’usagers, de bénéficiaires etc.
Les petits remous qui ont suivi cette intervention étaient révélateurs de l’esprit qui traversait une grande partie de la salle protestant contre le fait qu’on assimile les éducateurs à des fournisseurs d’un produit « service socio-éducatif » fourni à un client déjà pas mal piégé par un modèle omniprésent du ‘tout à la consommation’.
Tant qu’à parler consommation, il était déjà... plus que temps de passer à table, ce que l’on fit en essayant de caser en un seul long service les trois cents participants qui avaient réservé leur dîner. Les conversations vont bon train. Certaines tablées rassemblent plutôt des collègues contents de se retrouver ensemble hors de leur cadre habituel, d’autres sont l’occasion de rencontres et de découvertes de personnes venues d’horizons différents et permettent d’initier les contacts. »

Deuxième temps, une série de quatorze
ateliers sont proposés au choix des quelque trois cents
participants.
Il y eut bien des accents différents dans ces groupes et ce fut l’occasion d’entendre quelques coups de coeurs comme des grincements de dents.
Sur le thème de la créativité, pour ne prendre que cet exemple, il y eut des témoignages faisant part du renouvellement à la fois professionnel et personnel qu’apporte une pratique culturelle vivante dans les ateliers artistiques avec les personnes handicapées (il fut question d’un atelier-théâtre avec des personnes trisomiques) et à l’autre bout, le témoignage un peu douloureux d’un éducateur qui se sentait en panne totale de créativité et qui venait chercher là, comme il le disait lui même ‘un peu de flamme pour rallumer son feu’.
Parler de tous les ateliers à la fois eut été une gageure.
Et c’est bien le défi qu’ont relevé nos deux collègues de la promotion sociale Jacques Vanhaverbeke et Stéphane Heugens qui réussirent, en fin d’après-midi à nous présenter leur fil rouge avec l’humour et l’originalité qui convenaient à un exercice de fin de journée et qui se devait donc d’être à la fois dense et léger. Cette quadrature du cercle, ils l’ont incarnée avec talent, à la plus grande joie de tous ! »


